Capsule No 57 - 30 Septembre 2013 - 03:30 - mp3 - bio

Tom Nisse nous lit trois poèmes extraits de Reprises (L'Arbre à Paroles, Collection Poésie Ouverte sur le Monde, Amay 2011)

Odeur

Se rappeler l’arrêt subit
cet instant seul dans l’hiver
pas loin du Kollwitz Platz
Berlin dévasté d’options
du capital chantiers grues
fin définitive de l’est grues
plâtre rauque des façades
disparu dans le trivial
pastel fin de l’histoire dé
but des ravalements
cet instant-là Schönhäuser
dans le ciel somnolan
soudain un reste d’odeur
de charbon fige le corps
dans une poésie qui précise
se diffuse avec verve vaincue
dans la ville adoptante
pas loin du Kollwitz Platz
un reste d’odeur de charbon
dans le soir étanche
juste une nostalgie clairvoyante
comme une éternité spoliée
et même les merles avaient froid.


Je constate copain

Il y a des soirs où
je préfère parler
de chiens plutôt
que de révolutions
puis on se flaire et
un lendemain perplexe
je constate que le nez
le nez de Tristan Tzara
sort de ma bibliothèque
et que mon vœu serait
d’encore embrasser ce grain
de beauté à peine blessé.


Le vendeur d’allumettes

Sera bientôt de retour.
La cireuse de chaussures dort
quelque part dans de futurs spermes
et ovaires de vos écoliers.
Le vent ne cesse de se durcir
le temps de vos villes devenu fétide
y dort la cireuse de chaussures.

L’hiver tombe des tiroirs
les horaires se vident lentement tandis
que le vent ne cesse de se durcir.
L’hiver tombe des tiroirs
les rues rampent laides et anticipent
le vendeur d’allumettes.
Petit. Accroupi. De retour.

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Un projet de L'Arbre de Diane ASBL.

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