Capsule No 59 - 14 Octobre 2013 - 03:15 - mp3 - bio

Jonathan Stone Engélinus nous lit La chimère, extrait d'un recueil inédit et à venir, appelé Terre Promise

La Chimère

Dis-moi
Où elle se trouve
La
Chimère
Dis-moi
Tandis que s’enfuient
Les songes anciens.
Dis-moi
Comment la briser
La
Barrière
Entre elle entre nous
Et son sourire
De fraternité
D’avec la poussière.
Dis-moi
Comment reconstruire
La
Chimère
A partir de rien
Un soir sans importance
La main dans une autre main
Comme si de rien n’était
Invoquer Cthulhu
Comme si de rien n’était
Baiser sans salive
Comme si de rien n’était
Baiser avec salive
Comme si on y était
Après tout ce temps.
Dis-moi
Où elle s’est enfuie
La
Chimère
Car je ne rêve plus
Depuis son départ
Un peu
Avant que je naisse
De tes
Baisers
Sans
Retour
Tu ne le sais pas
Mais si je doute
C’est que son visage
Ne m’est plus rien
Sans sentir son souffle
Dirigé
Contre mes tibias
Dépossédés
De leur rectitude
Face à la nuit
De leur solitude
Face à l’oubli
A rester debout
Quoiqu’il en soit
Même si c’est perdu
Le pas de nous
Même si c’est passé
Chemins heureux
Ne plus se tourner
Que vers l’ailleurs
De là contempler
Les derniers baisers
Aux lignes abstraites
De fraternité
Sans proximité
De villes alliés
Sans guerre à mener
De songe oubliées
Sans guilde pour les livrer
Car je ne sais pas
Ce qu’on fait là
Et je ne vois pas
Ce qu’il adviendra
Si on reste debout
A regarder
Vers le vent du Nord
Quand il souffle ainsi
Quand il est puissant
Et décapité
De ses espoirs premiers
A force de souffler
Et de traverser
Nos amours trahis
- Car je t’ai trahi -
Mon amour ancien
Mes routes vers l’idole
Je vous ai trahies
Je vous ai remis
Un parchemin faux
Guidant vers un parc
Où vous reposer
Où mieux m’oublier
Mais je voulais
Vous retrouver là
Et je n’ai pas pu
A force de rire
De mon propre pas
Tâtonnant
Autant de moi
Tandis que chantait
Un rossignol gris
Sur la planche sans vie
Du rafiot défait
Par l’incendie-vie
De la route-campagne
Vers les noirs desseins
Du fou champêtre
Quand il n’ose pas
Allumer la mèche
De la queue de l’âne
Pour que nos demains
Enfin chantent la pluie
Comme ils chantent le feu
Aujourd’hui.
Car la prospérité passe par la pluie.
La fécondité passe par la pluie.
Même les déserts passent par la pluie.
Et les sentiments passent par la pluie.
Et je n’ose pas
Te dire que je t’aime
Car il ne pleut pas

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Un projet de L'Arbre de Diane ASBL.

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